Portrait de Dieudonné
Photo : Copyleft, CC0, via Wikimedia Commons

Dieudonné

Dieudonné a d'abord été l'un des comiques les plus doués de sa génération, moitié d'un duo antiraciste qui jouait avec les clichés pour mieux les démonter, avant que son parcours ne bascule dans la provocation politique et les condamnations judiciaires.

Les débuts

Dieudonné M'Bala M'Bala est né le 11 février 1966 à Fontenay-aux-Roses, d'un père camerounais et d'une mère française originaire de Bretagne. Il grandit en banlieue sud de Paris et rencontre au lycée Élie Semoun. Les deux amis débutent dans les cafés-théâtres et se font remarquer en 1991 lors d'une scène ouverte au Café de la Gare.

Élie et Dieudonné, puis la scène en solo

Dans les années 1990, le duo Élie et Dieudonné devient très populaire. L'un est petit et juif, l'autre grand et noir : ils jouent du contraste et de l'autodérision, reprenant au second degré les préjugés racistes pour s'en moquer. Après la séparation du duo, Dieudonné se lance seul en 1997 et ses spectacles, comme Pardon Judas (2001) ou Le Divorce de Patrick, récompensé en 2003 par le Grand prix de l'humour noir, sont alors salués par la critique. Au cinéma, on le voit notamment dans Le Derrière de Valérie Lemercier et Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre d'Alain Chabat.

Polémiques et condamnations

À partir du début des années 2000, plusieurs de ses déclarations et sketches suscitent des accusations d'antisémitisme. Il se rapproche ensuite de l'extrême droite et de milieux négationnistes. Il a été condamné à de nombreuses reprises par les justices française, belge, suisse et canadienne, notamment pour provocation à la haine raciale, diffamation, injure, contestation de crimes contre l'humanité et apologie du terrorisme. En 2014, le Conseil d'État a validé l'interdiction de son spectacle Le Mur. En 2023, il a publié une lettre de pardon adressée à la communauté juive, dont la sincérité a été mise en doute.

Aujourd'hui

Écarté des grandes salles et banni des principales plateformes en ligne depuis 2020, il continue de se produire devant son public, souvent dans des lieux alternatifs. En mars 2026, un spectacle prévu dans une salle non autorisée de Forest, en Belgique, a été interdit et évacué par la police. En septembre 2026, le tribunal correctionnel de Paris l'a condamné pour apologie du terrorisme, à la suite de vidéos publiées en 2024, à six mois de détention à domicile sous bracelet électronique, à une amende et à trois ans d'inéligibilité. Son parcours reste l'un des plus discutés de l'humour français.

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