Portrait de Élie Kakou
Photo : ElieKakouVEVO, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Élie Kakou

Élie Kakou a fait hurler de rire les salles des années 1990 avec une troupe de personnages féminins délirants, au premier rang desquels Madame Sarfati, mère juive tunisienne envahissante devenue une figure culte de l'humour français.

Les débuts

Alain Élie Kakou naît le 12 janvier 1960 à Nabeul, en Tunisie, dans une famille juive séfarade qui s'installe à Marseille l'année suivante, dans le quartier des Cinq-Avenues. Il y grandit au sein d'une fratrie de sept enfants. Après un passage en Israël, où il effectue son service militaire, il fait ses premières armes comme animateur au Club Med, puis sur la scène d'un restaurant-cabaret marseillais, tout en obtenant un diplôme de prothésiste dentaire.

Sur scène

La France le découvre en 1991 dans La Classe sur FR3, puis dans L'Émission impossible d'Arthur sur TF1, où il joue et improvise en direct. En 1992, il s'installe au Point-Virgule, à Paris. Son univers est fait de costumes extravagants, de mimiques et de répliques devenues célèbres : celle de son attachée de presse, qui rappelle au public que c'est un spectacle comique et qu'il faut rigoler, fait encore sourire. Il participe aux Enfoirés en 1993 et 1995, et il est nommé aux Victoires de la musique en 1995 dans la catégorie humour. Ses spectacles remplissent l'Olympia, le Zénith et, pour finir, le Cirque d'Hiver. Il compose même les musiques électro de ses shows et sort en 1997 un album, Musiks.

Cinéma

Il fait une entrée remarquée au cinéma en 1997 dans La Vérité si je mens ! de Thomas Gilou, où il incarne le flamboyant Rafi Styl'mode. Suivent Les Kidnappeurs (1998), Prison à domicile, puis Monsieur Naphtali, dont il tient le rôle principal et qui sort en salles deux mois après sa mort.

L'héritage

Élie Kakou est mort à Paris le 10 juin 1999, à 39 ans, des suites d'un cancer du poumon. Il repose au cimetière juif des Trois-Lucs, à Marseille. Thomas Gilou lui a dédié La Vérité si je mens ! 2 en 2001, et sa sœur Brigitte a créé l'association Les Enfants d'Élie pour offrir des vacances à des enfants défavorisés. Marseille a donné son nom à une rue en 2016, et une plaque a été posée dans son quartier d'enfance en 2019. Cette même année, pour les vingt ans de sa disparition, une soirée hommage au Cirque d'Hiver a réuni de nombreux artistes, de Gad Elmaleh à Michel Boujenah, preuve que Madame Sarfati n'a pas fini de faire parler d'elle.

Pour aller plus loin

De la même génération

Tous les habitués