Portrait de Michel Boujenah
Photo : Georges Biard, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Michel Boujenah

Michel Boujenah est un conteur avant d'être un comique : avec ses personnages de Juifs tunisiens volubiles et attendrissants, il fait rire en racontant l'exil, la famille et la nostalgie, quitte à faire monter une larme au détour d'une réplique.

Les débuts

Né à Tunis le 3 novembre 1952, fils de médecin, il arrive en France à 11 ans avec ses parents et s'installe à Bagneux, en banlieue sud de Paris. Le déracinement le marque profondément. Lycéen à l'École alsacienne, il découvre son talent de narrateur lors d'un exposé et rejoint le théâtre de l'établissement. Recalé au concours de l'école du Théâtre national de Strasbourg, en partie à cause de son accent, il fonde en 1972 avec des amis la compagnie La Grande Cuillère et joue pendant plusieurs années pour les enfants et dans les cafés-théâtres.

Sur scène

Son premier seul-en-scène, Albert, créé en 1980 au Lucernaire, raconte la vie d'immigrés juifs tunisiens en France et rencontre un vrai succès. Après un deuxième spectacle moins heureux, Anatole, c'est Les Magnifiques, galerie de portraits haute en couleur, qui le fait connaître dans tout le pays au milieu des années 1980. Suivront notamment L'Ange gardien, Elle et moi et Le Petit Génie, puis, vingt ans après, Les Nouveaux Magnifiques, et plus récemment Ma vie rêvée et Ma vie encore plus rêvée. Son art tient à l'exagération, à l'improvisation et à l'émotion. Depuis 2007, il est aussi directeur artistique du Festival de Ramatuelle, où il a succédé à Jean-Claude Brialy.

Cinéma et théâtre

Au cinéma, il triomphe en 1985 dans Trois Hommes et un couffin de Coline Serreau, avec André Dussollier et Roland Giraud : le rôle lui vaut le César du meilleur acteur dans un second rôle. Il reprend son personnage dans la suite, 18 ans après. Il prouve aussi qu'il sait jouer le drame avec Le Nombril du monde d'Ariel Zeitoun, nommé au César du meilleur acteur. Passé derrière la caméra, il réalise Père et Fils (2003) avec Philippe Noiret, Trois Amis (2007) et Le Cœur en braille (2016). Au théâtre, il est nommé aux Molières 2022 pour L'Avare.

Aujourd'hui

En 2026, il est à l'affiche au Théâtre des Variétés de Toute la famille que j'aime, comédie de Sacha Judaszko et Fabrice Donnio mise en scène par Anne Bouvier, où il campe un père fan de Johnny Hallyday dont les enfants craignent d'être déshérités. La pièce part ensuite en tournée. Commandeur de l'ordre national du Mérite depuis 2021, il continue de cultiver, sur scène comme ailleurs, son image de grand sentimental qui adore faire rire.

Pour aller plus loin

De la même génération

Tous les habitués