Portrait de Albert Dupontel
Photo : Christophe Brachet, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Albert Dupontel

Albert Dupontel est l'humoriste le plus rageur de sa génération : un amateur d'humour noir et de personnages cabossés, passé du one-man-show grinçant à une carrière de réalisateur couvert de César.

Les débuts

Né le 11 janvier 1964 à Saint-Germain-en-Laye, il grandit à Conflans-Sainte-Honorine, entre un père médecin et une mère dentiste. Il commence lui-même des études de médecine, qu'il abandonne au bout de quatre ans, plus souvent dans les salles obscures qu'à l'hôpital. Il prend des cours de théâtre, choisit son nom de scène pour protéger sa famille, puis se forme de 1986 à 1988 à l'école du Théâtre national de Chaillot, dirigée par Antoine Vitez.

Sur scène

En 1990, il écrit de courtes Sales Histoires pour Canal+ et rode un seul-en-scène à Nantes. Patrick Sébastien découvre une cassette de son spectacle et l'invite dans Sébastien c'est fou, ce qui le révèle au grand public. Son Sale Spectacle remplit le théâtre Tristan-Bernard, puis Sale Spectacle 2 investit l'Olympia en 1992. Le ton détonne : personnages violents, parodies de télévision, colère contre la bêtise. Mais il ne s'en cache pas, la scène lui sert surtout à financer son vrai projet, le cinéma.

Cinéma

Après un court métrage, Désiré (1992), il réalise Bernie (1996), comédie féroce sur un orphelin parti à la recherche de ses parents, qui devient culte et séduit jusqu'aux Monty Python Terry Gilliam et Terry Jones. Suivent Le Créateur (1999), Enfermés dehors (2006) et Le Vilain (2009). Comme acteur, il tourne beaucoup pour les autres : La Maladie de Sachs de Michel Deville, Irréversible de Gaspar Noé, Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet ou Deux jours à tuer de Jean Becker. La reconnaissance arrive avec 9 mois ferme (2013), César du meilleur scénario original, puis Au revoir là-haut (2017), d'après le roman de Pierre Lemaitre, qui lui vaut les César de la réalisation et de l'adaptation. Adieu les cons (2020) remporte sept César en 2021, dont ceux du meilleur film et de la meilleure réalisation.

Aujourd'hui

Après Second tour (2023), il revient derrière la caméra avec Il faut brûler Maman, l'histoire de deux frères et d'une sœur réunis pour les obsèques de leur mère alors que le personnel des pompes funèbres est en grève. Le film, dans lequel il joue aussi, est annoncé en salles le 11 novembre 2026. Il reste fidèle à sa méthode : écrire, réaliser et souvent interpréter ses histoires de marginaux en lutte contre un monde absurde.

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