Daniel Prévost
Daniel Prévost est le maître de l'humour grinçant et du personnage odieux qu'on adore détester, de la télé satirique des années 1970 au contrôleur fiscal Lucien Cheval du Dîner de cons.
Les débuts
Né le 20 octobre 1939 à Garches, d'une mère normande et d'un père kabyle dont il ne découvre l'identité que tardivement, il commence très tôt à la télévision, dans les années 1960, dans les émissions de Jean-Christophe Averty, la série Les Saintes Chéries et les sketches de La Caméra invisible. Au cinéma, il travaille dès cette époque avec Gérard Pirès, Michel Audiard et Jean Yanne, qui lui offre un rôle remarqué dans Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (1972).
La télé qui grince
Sa popularité explose avec Le Petit Rapporteur de Jacques Martin, en 1975 et 1976, où il côtoie Pierre Desproges et Stéphane Collaro. Son reportage sur le village de Montcuq, avec Pierre Bonte, est resté célèbre. En 1980, il fait rire avec les sketches loufoques écrits par Gébé et Roland Topor pour Merci Bernard de Jean-Michel Ribes. Son humour repose sur une mauvaise foi parfaitement assumée et une méchanceté feinte, jouée avec un sérieux imperturbable. Dans les années 1990, il alterne cinéma et one-man-shows.
Cinéma et télévision
Il devient un second rôle recherché : cheminot communiste dans Uranus (1990) de Claude Berri, puis surtout Lucien Cheval, le redoutable contrôleur des impôts du Dîner de cons (1998) de Francis Veber, rôle qui lui vaut le César du meilleur acteur dans un second rôle. On le voit aussi dans Astérix et Obélix contre César, La Vérité si je mens ! 2 et Le Petit Nicolas, où il incarne M. Moucheboume. À la télévision, il montre un registre dramatique dans Monsieur Joseph (2007), récompensé au festival de la fiction de La Rochelle. En 2010, il tient le premier rôle des Petits Ruisseaux de Pascal Rabaté.
Aujourd'hui
Veuf depuis 2007 de Jette, rencontrée au Danemark, il est le père de trois fils devenus comédiens. Il a déclaré en 2012 avoir la double nationalité française et algérienne, obtenue après être parti sur les traces de ses racines en Kabylie. À plus de 85 ans, il reste une figure appréciée du public, apparaissant ponctuellement à l'écran, et garde intacte sa réputation de pince-sans-rire.