Portrait de Guy Bedos
Photo : Studio Harcourt., Public domain, via Wikimedia Commons

Guy Bedos

Guy Bedos a fait rire la France pendant plus de cinquante ans avec un mélange rare de tendresse, de mauvaise foi assumée et de colère politique, toujours glissé derrière un sourire en coin.

Les débuts

Né à Alger le 15 juin 1934, il grandit entre plusieurs villes d'Algérie dans une famille compliquée, qu'il racontera plus tard dans ses Mémoires d'outre-mère. Arrivé en métropole à la fin des années 1940, il quitte vite le foyer familial, vend des livres au porte-à-porte et entre à 17 ans à l'école de la rue Blanche. Il fait partie de cette génération de jeunes comédiens qu'on surnommera la Bande du Conservatoire. Au cabaret, Jacques Prévert l'encourage à écrire ses propres textes, et il se lance dans les sketches.

Sur scène

En 1965, il passe à Bobino en partageant l'affiche avec Barbara, puis forme avec Sophie Daumier, qui devient sa femme, un duo très populaire. Leurs sketches de couple, souvent signés Jean-Loup Dabadie, comme La Drague, font mouche à la télévision comme sur scène. Après leur séparation professionnelle en 1974, Bedos poursuit seul et impose son grand numéro : la revue de presse, où il passe l'actualité et les responsables politiques à la moulinette. On le retrouve aussi aux côtés de Michel Boujenah et Smaïn, ou en duo avec Muriel Robin en 1992. Homme de gauche revendiqué, il ne ménage personne ; en 2013, ses propos visant Nadine Morano lors d'un spectacle lui valent un procès, dont il sort relaxé, décision confirmée par la Cour de cassation en 2017.

Cinéma et télévision

Au cinéma, le grand public l'adore en Simon, le médecin couvé par sa mère dans Un éléphant ça trompe énormément (1976) et Nous irons tous au paradis (1977) d'Yves Robert, aux côtés de Jean Rochefort, Claude Brasseur et Victor Lanoux. Il joue aussi au théâtre, notamment La Résistible Ascension d'Arturo Ui de Brecht, et écrit plusieurs livres de souvenirs et de chroniques. Ses engagements, du droit au logement au droit de mourir dans la dignité, font partie intégrante de son personnage public.

L'héritage

Guy Bedos est mort le 28 mai 2020 à Paris, à 85 ans. Ses obsèques à Saint-Germain-des-Prés ont réuni une foule nombreuse, signe de l'attachement du public à cet éternel indigné. Il a été inhumé en Corse, à Lumio. Son fils Nicolas Bedos, auteur et réalisateur, et sa fille Victoria Bedos, scénariste, ont eux aussi fait carrière dans le spectacle. Il laisse l'image d'un humoriste qui pensait que le rire pouvait être une arme, à condition de viser juste.

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