Jerry Lewis
Jerry Lewis, c'est le roi de la grimace et du corps en caoutchouc : un clown américain qui a fait de la maladresse un art, et que la France a adoré, parfois plus encore que son propre pays.
Les débuts
Né Joseph Levitch le 16 mars 1926 à Newark, dans le New Jersey, il est le fils d'un artiste de music-hall et d'une pianiste. Il monte sur scène dès 5 ans aux côtés de ses parents, puis met au point, adolescent, un numéro de pantomime où il parodie les chanteurs à la mode. Au milieu des années 1940, il forme avec le chanteur Dean Martin le duo Martin and Lewis : au crooner charmeur répond le gamin survolté. Le tandem triomphe dans les cabarets puis au cinéma, avant de se séparer en 1956.
Au cinéma
En solo, Jerry Lewis devient une vedette, puis passe à la réalisation avec Le Dingue du palace (1960). Suivent Le Tombeur de ces dames (1961), Le Zinzin d'Hollywood (1961) et surtout Docteur Jerry et Mister Love (1963), sa version comique de Jekyll et Hyde. Il est l'un des pionniers du retour vidéo sur les plateaux, une technique devenue standard. Son humour repose sur le gag visuel, le décalage et une énergie physique hors norme. En France, les critiques des Cahiers du cinéma et de Positif le défendent comme un véritable auteur. En 1983, il surprend dans un rôle grave face à Robert De Niro dans La Valse des pantins de Martin Scorsese, et tourne plus tard Arizona Dream d'Emir Kusturica.
Les engagements
Pendant des décennies, il anime aux États-Unis un téléthon de collecte de fonds contre la dystrophie musculaire. En France, il présente le premier Téléthon sur Antenne 2 le 6 décembre 1987. Sa carrière a aussi connu des épreuves : une grave blessure au dos en 1965 lui laisse des douleurs chroniques, et son film The Day the Clown Cried, tourné en 1972, n'est jamais sorti en salles. Il reçoit en 2009 un Oscar à titre humanitaire, et la France le fait commandeur de la Légion d'honneur en 2006.
L'héritage
Jerry Lewis meurt le 20 août 2017 chez lui à Las Vegas, à 91 ans. Son dernier film, Le Casse, était sorti en 2016. Il laisse une œuvre qui a inspiré des générations de comiques, de Jim Carrey aux amateurs de burlesque, et une affection durable du public français pour ce grand enfant qui parlait souvent de lui à la troisième personne.