Louis de Funès
Louis de Funès est le roi incontesté de la comédie française : ses colères explosives, ses grimaces en rafale et ses personnages de petits chefs odieux ont rempli les salles pendant vingt ans et continuent de faire rire à chaque rediffusion.
Les débuts
Né le 31 juillet 1914 à Courbevoie, dans une famille venue d'Espagne, il enchaîne dans sa jeunesse les petits métiers, dont il se fait souvent renvoyer. Il devient pianiste de bar, notamment à Pigalle, où ses mimiques amusent déjà les clients. Il suit des cours de comédie au cours Simon et y rencontre Daniel Gélin, qui l'aide à obtenir, en 1945, un tout petit rôle de portier dans La Tentation de Barbizon : ses débuts à l'écran. Pendant près de vingt ans, il cumule silhouettes et seconds rôles : plus d'une centaine de films, souvent pour quelques minutes, tout en faisant du doublage et du théâtre. Sa composition de l'épicier Jambier dans La Traversée de Paris (1956) le fait remarquer.
La consécration
Au théâtre, la pièce Oscar, qu'il reprend à partir de 1959, devient un triomphe et rode le personnage qui fera sa gloire. Le cinéma suit : Pouic-Pouic (1963), puis, en 1964, Le Gendarme de Saint-Tropez, premier d'une série de six films avec le maréchal des logis Cruchot, et le premier Fantômas. Avec Bourvil, il forme un duo inoubliable dans Le Corniaud (1965) et La Grande Vadrouille (1966), longtemps le plus grand succès du cinéma français. Suivent Oscar, Les Grandes Vacances, Le Petit Baigneur, Hibernatus, La Folie des grandeurs (1971) avec Yves Montand et Les Aventures de Rabbi Jacob (1973), dont la danse est restée dans toutes les mémoires.
Un style unique
Son personnage type est un bourgeois colérique, servile avec les puissants et tyrannique avec les autres, dont l'énergie débordante passe par le corps autant que par les mots. Dans la vie, l'homme était au contraire réservé, discret et grand amateur de jardinage, notamment de roses dans sa propriété du Cellier, près de Nantes. Victime de deux infarctus en 1975, il revient avec L'Aile ou la Cuisse (1976) face à Coluche, puis La Zizanie, L'Avare (1980) et La Soupe aux choux (1981). Rarement récompensé, il reçoit un César d'honneur en 1980.
L'héritage
Louis de Funès est mort le 27 janvier 1983 à Nantes, à 68 ans, d'un nouvel infarctus, quelques mois après la sortie du Gendarme et les Gendarmettes (1982), qui clôt sa filmographie. Ses films restent des valeurs sûres des soirées télévisées et sont aimés dans de nombreux pays d'Europe. Deux musées lui sont consacrés, à Saint-Raphaël et dans l'ancienne gendarmerie de Saint-Tropez. Plus de quarante ans après sa disparition, ses colères de gendarme et ses « Ma biche » lancés à Claude Gensac appartiennent toujours au patrimoine comique des Français.